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Blockchain : 70% des assureurs suisses évincés d'ici 2030


Blockchain et assureurs : mourir, survivre ou prospérer.






Selon l’étude EY sur l’assurance parue en juin dernier, jusqu'à 70% des assureurs suisses pourraient être évincés du marché d’ici à 2030 et la technologie blockchain serait une des causes de disruption.

La branche suisse de l’assurance est sur le point de connaître un profond bouleversement. Alors que le marché se détériore et que l’activité d’assurance stagne, les entreprises se fixent des objectifs de croissance ambitieux, ce qui provoque une intense concurrence d’éviction : d’ici à 2030, 45 % des assureurs suisses seront très probablement poussés hors du marché. Si ces tendance disruptives se poursuivent et s’accélèrent, jusqu’à 70 % des assureurs actuels pourraient finir par être évincés du marché. Voilà le résultat auquel parvient une récente étude d’EY.

Selon cette étude les assureurs suisses portent un regard optimiste sur l’avenir et leurs prévisions de croissance actuelles sont très supérieures à l’évolution attendue du marché. L’étude de la société d’audit et de conseil EY montre que ces entreprises souhaitent se développer en moyenne de 5 % par an. Or, la réalité est bien différente : « Les possibilités de croissance du marché de l’assurance sont limitées et un recul des volumes est même envisageable », déclare Achim Bauer, responsable du secteur AssuranceEY Suisse.

Un marché de l’assurance en stagnation

Plusieurs facteurs brident la croissance du marché des assurances : « Le franc fort empêche la croissance du produit intérieur brut de la Suisse », rappelle Yamin Gröninger, Director chez EY Financial Service Suisse et responsable de l’étude. Dans le même temps, la fortune des ménages va baisser de 0,1 % jusqu’en 2018, selon les prévisions d’EY. Cela freine encore la demande de produits d’assurance. Par ailleurs, l’augmentation de la population en Suisse, jusqu’alors un facteur de croissance important pour la branche, devrait très probablement s’affaiblir en raison de l’initiative contre l’immigration de masse.

L’environnement politique et réglementaire deviennent également plus ardu pour les entreprises d’assurance. Différents projets politiques comme « Prévoyance vieillesse 2020 » menacent de freiner le développement du marché, alors que de nouvelles réglementations, à l’instar de Solvency II, du Swiss Solvency Test ou du Common Reporting Standard sont des facteurs de hausse des coûts. Les taux négatifs représentent un sérieux danger pour les assureurs vie, en particulier. Mais l’environnement de taux bas devrait se maintenir encore longtemps : les taux swap en francs présentent ainsi des valeurs négatives jusqu’à une durée de dix ans.

Actuellement, le marché suisse de l’assurance est déjà saturé. Les dépenses d’assurance en Suisse s’élèvent à 7’267 francs suisses par ménage et par an, ce qui représente 11 % du revenu. Dans le monde, seul le Luxembourg connaît des dépenses d’assurance plus élevées. Yamin Gröninger : « Dans le futur, les consommateurs suisses devraient aussi essayer d’optimiser de plus en plus les dépenses pour leur protection d’assurance. Ils seront soutenus en cela par de nouveaux modèles commerciaux de la part des assurances, basés sur la technologie et les bases de données, et à même d’établir des offres mieux adaptées et plus ciblées, en fonction de la situation du client, et qui augmenteront la transparence des prix sur le marché. »

Écart entre souhaits et réalité

L’écart entre l’évolution du marché et les objectifs des entreprises finira par déboucher sur des bouleversements considérables. Pour croître tout en étant rentables, les assureurs suisses seront forcés de s’associer avec des concurrents ou d’évincer ceux-ci du marché. Cette concurrence accrue laisse entrevoir que 45 % des assureurs suisses se verront contraints de mettre un terme à leur activité d’ici à 2030, comme l’indique le scénario déterminé par l’étude d’EY.

En parallèle, de nouveaux prestataires arriveront sur le marché suisse, menaçant les autres entreprises. Les sociétés InsurTech et de grands groupes étrangers à l’assurance ont le potentiel de gagner des parts de marché considérables. D’ici à 2030, il est donc possible que des concurrents, actuels et nouveaux, poussent hors du marché jusqu’à 70 % des entreprises d’assurance actuelles. « Une telle évolution est tout à fait probable, elle a d’ailleurs déjà été constatée dans d’autres branches », prévient Achim Bauer. « Alors que les chiffres d’affaires ont commencé à stagner sur le marché des téléphones portables, de nouveaux concurrents sont arrivés, entraînant le retrait de tous les producteurs qui se trouvaient précédemment dans une position de leader. La même transformation a eu lieu dans l’industrie de voyage, où les plateformes en ligne ont sorti du marché les agences de voyage traditionnelles. Des évolutions comparables attendent le marché de l’assurance. »

Opportunités et risques de la numérisation

La numérisation s’est emparée du marché de l’assurance. Les nouvelles technologies ont brusquement amélioré la position des consommateurs, avec de notables conséquences : la sensibilité à l’égard des prix augmente, la fidélité diminue. L’activité d’assurance est ainsi passée à un modèle Consumer-to-business (C2B). « La proximité du client, la précision des connaissances et une réponse rapide aux besoins du client deviennent des compétences essentielles », selon Yamin Gröninger. « Ceux qui ne répondent pas à cette tendance rencontreront de sérieuses difficultés, alors que les nouveaux arrivants sur le marché y trouvent de nouvelles opportunités. »

Ainsi, les InsurTech se sont déjà établies, remettant en question les modèles d’activité traditionnels et réorganisant la chaîne de création de valeur. Déjà aujourd’hui, ces sociétés contribuent à l’intensification de la concurrence et à la baisse des prix. Les grands groupes étrangers à la branche impactent encore plus fortement le marché de l’assurance. « Dans presque tous les domaines d’activité, il existe au moins un fournisseur qui connaît les clients des assureurs mieux que les assureurs eux-mêmes », déclare Yamin Gröninger. « Pour les fournisseurs traditionnels, le risque de perdre l’accès à leurs clients est donc considérable. Les assurances de véhicules automobiles constituent un bon exemple de ce phénomène. En effet, dans ce cas, les fabricants automobiles connaissent bien mieux les réels besoins des clients. »

Il est temps d’agir

Face à ces bouleversements, les assureurs suisses ont différentes options : ils peuvent miser de façon conséquente sur les effets d’échelle, afin d’améliorer leur efficacité et de générer des avantages de prix. Ils peuvent nouer des partenariats avec des InsurTechs et bénéficier ainsi de leur potentiel d’innovation. Ils peuvent offrir des services personnalisés sur mesure, avec lesquels leurs concurrents numériques ne peuvent pas rivaliser. Ou alors, ils se limiteront à agir en tant que sous-traitants pour un groupe étranger à l’assurance. Quoi qu’il en soit, et indépendamment de la direction choisie : « Il est essentiel que les assureurs agissent maintenant et de façon énergique », assure Achim Bauer. « Le moment est venu de repenser les stratégies et de mieux connaître ses propres forces, sur lesquelles il faudra concentrer toutes les activités. » Les assureurs suisses devront également décider, en toute conscience des risques, quelle sera l’importance du changement visé. Une stratégie d’évolution permettrait de survivre provisoirement aux bouleversements, alors qu’une réorientation fondamentale de la stratégie assurerait de réels avantages concurrentiels à long terme.

A propos de l’étude
La présente étude a été menée par des analystes et des experts d’EY de la branche assurance, sur la base d’une méthodologie scientifique. D’importantes quantités de données ont été analysées, dont des indicateurs macroéconomiques et démographiques, des rapports d’entreprises et des présentations aux investisseurs par les assureurs. De plus, certaines modélisations propres et les résultats de nombreux mandats nationaux et internationaux auprès d’entreprises d’assurances ont été intégrés. L’étude couvre les domaines de l’assurance vie, non-vie et santé ; le marché de la réassurance a en revanche été exclu. L’étude a renoncé aux analyses spécifiques aux segments de marché, pour se concentrer sur la recherche des évolutions et des menaces auxquelles tous les assureurs devront faire face à l’avenir.

Téléchargez l'étude « Dying, Surviving or Thriving » (anglais, 720 KB)

Dirigé et parrainé par GMC Software, plus de 2.000 adultes britanniques ont été interrogés sur leurs attentes vis-à-vis des assureurs et sur la façon dont la technologie pourrait les aider.

93% ont déclaré qu'ils aimeraient avoir plus de choix dans la façon dont ils communiquent avec leurs assureurs qui, selon eux, ne parviennent pas à faire bon usage des canaux numériques.

Il est également fréquent pour les consommateurs d'avoir à partager de l'information à plusieurs reprises. La dernière fois qu'ils ont déposés une réclamation, 61% des répondants avaient à partager l'information plus de deux fois. La technologie, ont-ils déclarés, pourrait aider à éviter ces problèmes.

Les consommateurs veulent également que les assureurs fassent usage de plusieurs méthodes de communication, avec une préférence pour le courriel. 71% disent que le courriel doit être utilisé, alors que seulement 53% des assureurs l'utilisent.

Bien que la technologie numérique puisse être utilisée dans l'ensemble pour améliorer la communication et le service, les consommateurs pensent qu'il y aurait encore plus de possibilités en y adjoignant l'IoT. 56% veulent que leur assureurs utilisent des technologies telles que les moniteurs de santé ou les voitures connectées pour des calculs de primes plus précis.

Mike Davies, VP EMEA Nord à GMC Software, a déclaré: "Comme nous pouvons le constater les consommateurs ne sont pas opposés à payer un peu plus pour un meilleur service qui profiterait à la fois à l'assureur et au consommateur."

"En faisant correspondre les attentes de leurs clients et en tirant le meilleur partie de la technologie, les assureurs n'aident pas seulement les consommateurs, ils s'aident eux-mêmes.”
"En utilisant par exemple des appareils connectés pour fournir des primes plus justes les assureurs peuvent offrir une couverture à un moindre coût et au moindre risque pour eux-mêmes. L'attitude de la société vis-à-vis de la technologie et des communications a changé : l'industrie doit suivre ce changement".

Andrew Yeoman, CEO de la plateforme cloud IoT Concirrus, croit que de nombreux assureurs adopteront la technologie connectée au fil des ans et il prédit un potentiel important pour l'industrie IoT.
"L'avenir appartient clairement à ceux qui innovent, et rapidement. Il y a eu beaucoup de débats autour de l'impact du numérique et des objets connectés, mais nous en sommes seulement au début et l'IoT finira par révolutionner tous les domaines de l'industrie de l'assurance.

"Avec la possibilité de récolter et d’interpréter les données en temps réel, l'ensemble du processus d'évaluation des risques sera chamboulé et avec lui la nature de la relation entre assureur et assuré.

Plus d’infos sur : http://www.theinternetofbusiness.co.uk/insurance/the-internet-of-insurance-conference-iot-definition

Laurent Leloup
"Blockchain enthusiast" & Founder Blockchain Daily News
Founder Finyear Daily News (Finance & Innovation all the Year)

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Wednesday, April 5th 2017
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