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Entretien : David Milot, Software AG


Entretien avec David Milot, Vice-Président en charge des solutions blockchain chez Software AG.






David Milot
David Milot
David Milot bonjour, quels sont les cas d’usages typiques de cette nouvelle technologie ? Notamment dans le domaine financier ?

Nous pourrions résumer par :
- Mise en place d’un registre des échanges sécurisés, standardisés, à moindre coût,
- Support de monnaie virtuelle / portefeuille électronique,
- Post trade processing,
- Vote électronique.

Quels sont les avantages liés à l’adoption de la blockchain en particulier sur la standardisation des échanges et la garantie d’une authenticité, pour une sécurité renforcée ?

L’essence même de la blockchain, avec l’authentification par charge de travail, ou quantum de preuve, distribuée sur plusieurs nœuds indépendants les uns des autres permettent de garantir une quasi inviolabilité des données « stockées » ; plus la charge porte sur un nombre de nœud important, plus l’authentification est forte.

On peut assimiler ces avantages aux mécanismes de redondances et de disponibilités inhérents à internet – il est possible de falsifier ou de détourner/couper l’accès de certains nœuds, mais pas de la totalité (il faudrait toucher l’ensemble du réseau pour cela).

De fait, on se retrouve avec un système de garantie des valeurs de manière décentralisé, crypté, transparente, irréversible, pseudo anonyme et à faible coût.

Quels sont les enjeux de la blockchain concernant l’intégration aux autres systèmes informatiques ? Quelles sont les étapes à considérer ?

La blockchain est par nature externe à un système d’information existant – il est possible d’en mettre en œuvre certains purement à l’intérieur d’un système d’information, de manière similaire à un intranet, mais cela obèrerait significativement sa pertinence ; à moins de disposer d’un nombre de nœuds internes considérables.

Par conséquent, il faut en premier lieu précisément définir la nature des informations à confier à une structure de type blockchain, et leur « contrat de service » : niveau de criticité, niveau de sécurité, temps de collecte acceptable, taille de l’information, règles de localisation des données stockées, couts acceptables de transactions, de stockage…

Dans un second temps, une fois ces deux éléments clés déterminés, il est recommandé de positionner des passerelles d’accès au système cohérente en fonction du contrat de service, et de les intégrer à des objets services ou données permettant aux différentes applications ou service client d’y avoir recours en appliquant les règles de gouvernances déterminées.

En parallèle, l’analyse des différentes options de service blockchain possible est à recommander pour pouvoir répondre aux contrats de services exprimés.

Enfin, la sauvegarde de la clé privé d’accès est à considérer très sérieusement, car en cas de perte c’est tout l’accès à la chaine de valeur en dépendant qui est compromis.

Que représente le bitcoin sur la monnaie mondiale et sur les valeurs financières ?

Il y a deux angles de réponses à cette question :
a/ la représentation en volume de valeurs d’échanges
b/ la promesse portée par la reconnaissance du bitcoin comme monnaie à part entière.

En ce qui concerne le point a/, le bitcoin représente une partie faible des volumes d’échanges, et est utilisé essentiellement par des utilisateurs « avertis », technologues et futurophiles. C’est un recours possible et tout à fait viable, cependant, pour un paiement entre deux parties qui sont au courant.
Le point b/ est plus significatif : plusieurs autorités nationales de régulation des marchés s’intéressent aux monnaies virtuelles, bitcoin en tête, et mettent en place un authentique marché des valeurs permettant d’opérer avec ces monnaies comme on le ferait avec des monnaies traditionnelles (Le Luxembourg est relativement en pointe, mais l’Angleterre, la Belgique et la France ont avancé significativement dans ce domaine, en particulier depuis le Brexit).

A noter son apparence dans « Almost Human », une série policière d’anticipation ou il figure comme monnaie d’échange du porte-monnaie électronique des protagonistes.

Existe-t-il des freins à l’adoption de la blockchain liés à la rapidité de circulation des informations ?

Comme souvent dans les domaines technologiques, ça dépend des cas d’usages.
La preuve par interrogation de nombreux nœuds pour garantir l’authenticité génère en soit une certaine latence, qui peut aller de quelques minutes à plusieurs dizaines d’heures actuellement en fonction du degré de sécurité recherché.
Par conséquent, un cas d’usage requérant des réponses en temps réel serait relativement peu adapté, à première vue.
Cependant, le principe de la blockchain étant d’historiser et de figer un historique de transaction, il serait envisageable d’anticiper certaines demandes, et de tenir le résultat de cette vérification à disposition, le complément se faisant au moment de la dernière requête et par la même accélérant le temps de réponse.
De ce fait, il convient de se poser concrètement la question de la rapidité nécessaire (et de distinguer de la rapidité « instantanée » fréquemment exprimée), et de voir comment la blockchain spécifique concernée se comporterait en regard.
La validation d’une demande de prêt, l’analyse des mouvements sur des comptes, des tendances boursières sur une moyenne ou une longue durée, même des transactions inter comptes ne seraient que peu impactées par l’ajout d’une blockchain dans leur processus.
A l’inverse, les transactions temps réel ne seraient pas candidates sans réflexion sur le modèle d’usage.

Quels changements plus profonds implique la blockchain ? La place de l’utilisateur va-t-elle créer une révolution sur d’autres industries et secteurs d’activités ?

La blockchain impose :
• d’avoir une vision unifiée des données cibles, ainsi que de leurs attributs en terme de sécurité, de contraintes juridiques (temps et espace), d’accessibilité, et de coût de transaction unitaire,
• de disposer d’une perspective à priori sur les consommateurs du service blockchain recherché : utilisateur, systèmes de notarisation, systèmes temps réel (algo trading), …
• pour le fournisseur de service, de s’appuyer sur une gouvernance claire du système d’information, notamment en ce qui concerne l’intégration hybride (les mécanismes blockchain sont souvent à cheval entre l’usage interne et un cloud public),
• Les usagers peuvent devenir des acteurs à part entière du système d’information, en ce sens qu’ils fournissent en partie les conditions de sécurité de la chaine. Il devient nécessaire d’éduquer les usagers aux notions de sécurités associées – transparence, irréversibilité, … ce qui permettra de canaliser les attentes, et de faciliter la transition d’une « technologie miracle » à « des services vraiment utiles ». L’usager pourrait devenir seul maitre de ses données hébergées dans des blockchain, et déterminer à qui confier les accès, et sous quelles conditions.

En terme sectoriel, on voit immédiatement comment ce dernier point peut avoir un impact sur le secteur de la santé avec la sécurisation des données biomédicales d’un utilisateur (informations cardiaques, souffle, exercice physique, masse corporelle) et de leur évolution, impactant par la même certains services Internet of Things (objets connectés sportifs), de l’assurance concernant la collecte des données de comportement à risques ou non d’un usager (santé – voir ci-dessus, automobile – comportement au volant,…).
Dans une perspective différente, l’historique des transactions entre un usager et un e-gouvernement peut permettre un suivi fin et non contestable de la satisfaction utilisateur et de la qualité de service rendu, et le vote électronique est envisagé comme un possible usage de cette technologie.

Comment des secteurs comme l’assurance et l’automobile pourraient bénéficier de la blockchain et en tirer profit ?

Comme exposé ci-dessus, santé et comportement à risque font partie des domaines dans lesquels la technologie blockchain peut présenter un intérêt, en particulier lorsqu’il est corrélé avec les objets connectés. Le point crucial sera de déterminer comment accéder à l’information, et d’en garantir le contrôle à l’usager ; il est indispensable qu’à priori l’usager puisse comprendre l’usage qui sera fait de ces données, et les conséquences pour lui.

Par extension, on peut envisager des systèmes de « récompenses » de comportement urbain « citoyen » ou « éco amicaux », pistant les moyens de déplacement « verts » utilisés pour se déplacer d’un point à un autre et générant des « points de fidélités » - on commence à voir ce type d’application dans certaines cités « intelligentes » - ces données ont également un impact sur les risques collectifs.

Si on sort des cas d’usage comprenant un utilisateur humain, il est possible également de voir dans les capacités d’irréversibilité de la blockchain un excellent réceptacle des interactions entre un composant technologique autonome et son environnement, permettant en cas de sinistre de déterminer les responsabilités, ou d’élaborer une meilleure solution de gestion des risques – on peut penser au suivi des véhicules autonomes, par exemple.

David Milot, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Blockchain Daily News.

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Thursday, October 6th 2016
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